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Les Renonçantes ou Amazones Libres

par Guillaume Perrier

Origines

Les Renonçantes n'ont pas toujours existé telles que nous les connaissons à l'époque moderne de Ténébreuse (époque de La cité mirage). Elles ont pour origine deux sociétés remontant à l'époque des Cent Royaumes : La Sororité de l'Epée, une communauté de femmes guerrières et les Prêtresses d'Avarra qui étaient guérisseuses. Ces deux sociétés fusionnèrent et donnèrent ce que l'on a appelé, la Guilde des Renonçantes (cf. La maison des amazones, page 45).

Au départ, cette Guilde n'était pas reconnue officiellement et les Renonçantes agissaient plus ou moins dans l'ombre (cf. op. cit., page 299). Ce fut Varzil le Bon qui après avoir été secouru par des Renonçantes leur octroya, en signe de gratitude, une Charte (sorte de code des lois détaillant les droits des Amazones) conservée à Nevarsin (cf. La chaîne brisée, page 194); cet acte généreux leur donna un statut officiel. Ce fut l'avènement de l'Ordre des Renonçantes.

Généralités

Un statut officiel ne signifie pas forcément une reconnaissance unanime au yeux de la population, ainsi, l'Ordre des Renonçantes ne s'est vraiment développé qu'une centaine d'années avant La cité mirage. A l'époque moderne, les ténébrans moyens continuent d'avoir assez peu de rapports avec les Renonçantes (cf. La chaîne brisée, page 160), qui demeurent relativement en marge de la société, et particulièrement dans les Heller où elles sont extrêmement peu connues des populations (cf. op. cit., page 152).

Sur Ténébreuse le taux d'instruction étant très faible, la plupart des ténébranes sont illettrées. Or les Renonçantes sont instruites et savent lire et écrire. Ceci a beaucoup contribué à leur émergence dans la société.

Dans la vie de tous les jours, les Renonçantes sont fréquemment appelées "Amazones Libres" ou " Comhi(i)-Letzii(s) " en ténébran. Ce premier terme employé par les terriens et faisant référence à un ancien peuple de femmes guerrières, n'est pas très apprécié des Renonçantes (cf. La maison des amazones, page 162), et leur donne une image qu'elles ne trouvent pas justifiée. Il est vrai toutefois que certaines ressemblances existent entre les Renonçantes et ces femmes guerrières de l'ancienne Terra. En effet, ces femmes issues de la Grèce antique, vivaient sans hommes, n'élevaient que des filles et n'avaient pas de poitrine (elles se brûlaient le sein droit). Nous retrouvons cette dernière singularité dans les emmascas ténébranes dont beaucoup sont Renonçantes ; d'ailleurs le mot "amazone" signifie en grec "sans poitrine".

Le nom d'une Renonçante a une construction assez particulière. Il se compose de trois parties : Le prénom suivit de "n'ha" qui est la contraction de "nikhya mic", puis le prénom de la mère. Cela donnera par exemple Margali n'ha Ysabet (Margali fille d'Ysabet) (cf. La chaîne brisée, page 195).

Parallèlement à la Charte, les Renonçantes obéissent à un autre texte qu'elles appellent "Le Serment" et qui défini l'idéologie de la Guilde. Elles y affirment leur indépendance dans la société et leur loyauté envers leurs soeurs de la Guilde.

Couteau, cheveux courts et pantalon

Les Renonçantes ne se distinguent pas seulement par leur idéologie, mais également par leur apparence. Leurs vêtements sont perçus comme "grossiers et garçonniers" par les ténébrans. La tenue d'une Renonçante peut se composer d'un pantalon (moulant, large...) ou d'une culotte, d'une tunique (cf. op. cit., page 168 ; La maison des amazones, page 97), de sandales basses ou de bottines (cf. La chaîne brisée, page 22 ; La maison des amazones, page 8). Néanmoins, tout ceci ne constitue que la tenue d'extérieure d'une Renonçante&nsbp;; la tenue d'intérieure peut être beaucoup plus classique, comme une robe par exemple. En fait, les Renonçantes ne sont pas obligées de porter une tenue vestimentaire spéciale. Elles ne portent des pantalons à l'extérieur que pour des questions pratiques. Elles refusent simplement d'accepter les tabous et les moeurs de la société qui veulent que les femmes portent une tenue particulière (cf. La chaîne brisée, page 261-262).

De plus, la coutume (et non le serment) veut que les Renonçantes portent les cheveux courts, tout d'abord pour supprimer ce que les hommes considèrent comme un artifice de séduction et pour exprimer leur refus de l'ordre établit (opinion personnelle). Mais une Renonçante peut toutefois porter les cheveux longs ; c'est un signe montrant qu'elle vie en union libre avec un amant ; les cheveux courts signifierons donc que la Renonçante a fait voeu de célibat (cf. op. cit., page 302).

Autre signe distinctif : Chaque Renonçante porte un anneau d'oreille (cf. La maison des amazones, page 254).

Enfin, d'après la Charte, une Renonçante n'a pas le droit de porter l'épée (privilège typiquement masculin dans une société féodale). Mais elle doit pouvoir malgré tout se défendre, c'est pourquoi chacune porte un long couteau de trois pouces plus court qu'une épée (cf. La cité mirage, page 171). Ce couteau est une arme très efficace lorsqu'on sait s'en servir. Dans un souci d'éthique, les Renonçantes doivent donc observer un code d'honneur très strict semblable à celui des mercenaires (cf. La maison des amazones, page 138 à 141).

Acceptation

En théorie, n'importe quelle femme ayant prêté serment peut être admise au sein de la Guilde (cf. La chaîne brisée, page 244), mais dans la pratique les choses ne sont pas si simples. Examinons différentes situations possibles :
  • Dans le cas de jeunes filles, choisir de devenir Renonçante n'est pas choisir la voie de la facilité. Par exemple, pour une pupille des Amazones les provocations de la part de la population et les bagarres sont monnaie courante car elle est une cible facile, à cause de son inexpérience (cf. La maison des amazones, page 178). De telles comportements pourraient en dissuader certaines.
  • De plus, d'après la Charte, les mineures ne sont pas autorisées à prêter serment. Elles doivent attendre leur majorité pour pouvoir choisir en connaissance de cause (cf. La chaîne brisée, page 111). De même, les Renonçantes ne peuvent imposer leurs idées à des mineures (cf. La maison des amazones, page 46). Cela réduit encore les chances de diffuser l'esprit de la Guilde parmi la population.
  • Les Renonçantes n'acceptent pas les femmes ayant des engagements extérieurs (cf. op. cit., page 44).
  • Pour pouvoir légalement donner asile à une femme battue qui n'a pas prêté serment, il faut une déclaration assermentée, devant témoin (un juge Amazone du Tribunal Arbitral) des Renonçantes sur l'état de la femme (cf. op. cit., page 56).

En outre, les Renonçantes ont pour règle de ne jamais accepter d'argent d'une candidate, car à la longue elles craignent que se mette en place une sorte de ségrégation entre les femmes riches (pouvant payer mais n'étant pas faites pour la vie de Renonçante) et les femmes pauvres. Cette mesure a été prise également pour ne pas répéter certaines erreurs du passé ou une dote de la part des candidates était exigée (cf. op. cit., page 90).

Hiérarchie

Au sein de la Guilde, tous les ordres hiérarchiques sont abolis, toutes les Renonçantes sont soeurs et égales (cf. op. cit., page 47). Cependant certaines soeurs ayant acquis une expérience et une sagesse supérieure peuvent être amenées à occuper un poste d'autorité :

  • Parmi les Renonçantes :
    • Mère de la Guilde, par exemple Mestra Milléa n'ha Camilla (cf. La chaîne brisée, page 341). Apparemment, "Mère de la Guilde" serait un terme général pour désigner un groupe de femmes méritantes et haut placées, mais ne serait pas une profession en elle-même. Parmi ces Mères de la Guilde, certaines doivent diriger une Maison de la Guilde où elles ont le titre de "Mère".
    • Cheftaine : Lorsque des Renonçantes sont en déplacement, elles doivent élire une cheftaine chargée de commander la troupe pendant la durée de la mission (cf. op. cit., page 166).
  • Parallèlement à la Guilde (cf. op. cit., page 341) :
    • Directrice du Conseil indépendant des Artisanes (entreprise reconnue de la cité), par exemple Mestra Lauria n'ha Andréa (qui est également Mère de la Guilde) (cf. La maison des amazones, page 40).
    • Juge du Tribunal Arbitral de la Cité, par exemple Domna Fiona n'ha Gorsali (la première juge dans l'histoire).

Il existerait aussi la distinction toute particulière de "renonçantes d'honneur" (cf. La cité mirage, page 196).

Profession

Si dans les premières années, les Renonçantes ne travaillaient que comme guide ou garde du corps (cf. La chanson de l'exil, page 108), leurs compétences s'étendent à l'époque moderne à tous les corps de métier (cf. Projet Jason, page 52), par exemple : sage femme, mercenaire, organisatrice de voyage, traductrice, enseignante, obstétricienne, boulangère, fromagère, herboriste, confiseuse... (cf. La maison des amazones, page 69).

Selon la Charte, une Renonçante peut exercer "n'importe quel travail licite n'importe où", et est tenue "d'accomplir n'importe quel travail auquel elle s'est engagée de son plein gré" (cf. La chaîne brisée, page 336). Leurs compétences et leur rigueur ont fait d'elles des professionnelles recherchées (cf. La maison des amazones, page 70) et spécialement dans le domaine de la protection des individus, car pour des "dames", un garde du corps Amazone protégera à la fois la personne et sa vertu, ce qui ne serait peut-être pas le cas s'il s'agissait d'hommes.

Clandestinement vôtre

A une époque, les Renonçantes étaient fréquemment espionnées par des mouchards qui étudiaient leurs moeurs et leurs coutumes dans le but de les discréditer et de les calomnier (cf. La chaîne brisée, page 190). C'est pourquoi des mesures dissuasives ont été mises en place pour punir ce genre d'excès.

Le châtiment réservé aux hommes s'étant introduit clandestinement dans un groupe d'Amazones est la mort ou la castration (cf. op. cit., page 183-190). Une femme quant à elle doit prêter serment sur le champs, faute de quoi elle sera conduite dans une Maison de la Guilde et emprisonnée. Là, elle aura le choix entre prêter serment ou attendre une Assemblée de la Guilde (car les Renonçantes non juge ne sont pas habilitées à régulariser sa situation) (cf. op. cit., page 190). C'est à cette assemblée, qui se réunit chaque nuit du Solstice d'Hiver, qu'il incombe de statuer sur le cas d'une clandestine. Après étude par un juge de la Guilde des faits la concernant, l'intéressée pourra soit prêter serment, soit jurer le secret sur ce qu'elle a vu (cf. op. cit., page 191).

En de très rares occasions, une femme qui n'est pas Renonçante peut se faire passer pour l'une d'entre elles si la cheftaine et chaque Renonçante de la troupe y consent par avance (cf. op. cit., page 190).

Vie privée

Le mariage

En ce qui concerne le mariage, le Serment est très clair sur ce point. Le seul mariage permis à une Renonçante est le mariage dit "en union libre" (cf. La maison des amazones, page 19) par opposition au mariage "di catenas" (le mariage traditionnel sur Ténébreuse). Ce mariage en union libre ménage l'indépendance de la Renonçante, car bien qu'elle soit liée officiellement à un homme, elle ne porte pas son nom. De plus, ce mariage peut être dissous très facilement. En un certain sens, il est beaucoup plus proche du mariage civil Terrien que de l'union libre terrienne (qui n'a en général pas de valeur légale).

En outre, il existe ce qu'on appelle le Serment d'Union Libre. Ce serment qui est l'équivalent d'un mariage légal unit deux Renonçantes. Cette engagement implique qu'à la mort d'une des conjointes, l'autre a l'obligation légale de prendre en charge les enfants éventuels prioritairement au père (cf. La cité mirage, page 23). Ce type d'union se rapproche du serment de bredin, car il y a échange de couteaux entre les deux intéressées (cf. op. cit., page 279). C'est le lien le plus fort pouvant exister entre deux femmes. Néanmoins ce serment est avant tout un engagement moral sans place réelle pour la sexualité, car une femme peut vivre en union libre et avoir une amante (cf. op. cit., page 162). De façon générale, la sexualité est assez détachée du mariage sur Ténébreuse (surtout pour les hommes, bien sûr) et les pratiques des Renonçantes ne font qu'étendre aux couples homosexuels cet état de fait.

Les enfants

Les Renonçantes ont tout à fait le droit d'avoir des enfants et même d'en adopter (cf. La chaîne brisée, page 111). Les filles de Renonçantes peuvent être élevées dans une Maison de la Guilde jusqu'à leur majorité où elles peuvent prêter serment si elles le désirent ; elles peuvent également choisir de quitter la Guilde.

Les garçons eux, une fois sevrés, sont rendus à leur père, car les garçons de plus de cinq ans ne peuvent demeurer dans une Maison de la Guilde. Il arrive parfois que le père refuse d'assumer cette charge ; dans ce cas, la mère peut prendre des dispositions pour faire élever son enfant (cf. op. cit., page 337).

La séparation entre une mère et son fils peut parfois être déchirante, c'est pourquoi elle doit se faire directement après l'accouchement afin d'éviter une trop grande souffrance réciproque cinq ans plus tard (cf. La maison des amazones, page 167).

La contraception

Les Renonçantes jugent qu'il est criminel de mettre un enfant au monde non désiré, c'est pourquoi elles doivent connaître les différentes techniques contraceptives (cf. op. cit., page 45). Ces techniques sont très précieuses pour ces femmes indépendantes qui vivent parfois au milieu d'hommes et qui ne désirent pas être gênées par des problèmes de type féminin. C'est pourquoi la médecine terrienne peut apporter beaucoup à ces femmes qui vont même jusqu'à subir l'opération illégale de castration pour échapper au fardeau de leur féminité (cf. op. cit., page 46-126).

L'homosexualité

Dans la population ténébrane, les rumeurs vont bon train sur la vie amoureuses des Renonçantes qui ont la réputation "d'aimer les femmes". Si un grand nombre de Renonçantes s'est marié et a eu des enfants, un nombre non moins important a choisi de rester à l'écart des hommes et de prendre une amante au sein de la Guilde. En plus de l'amour, leurs motivations peuvent s'expliquer par plusieurs raisons :

Avant, une Renonçante qui couchait avec un homme était expulsée de la Maison par ses soeurs (cf. op. cit., page 341). Et aujourd'hui encore, certaines soeurs conservatrices prétendent qu'une Renonçante couchant avec un homme est traître à son serment (cf. op. cit., page 304-335). Mais les vraies raisons se trouvent plus dans l'idéologie et le mode de vie, car les femmes désirant devenir Renonçante ont souvent fait ce choix après avoir eu des "expériences malheureuses" avec les hommes dont elles se méfieront à l'avenir (cf. op. cit., page 44). De plus, pour les Renonçantes ambivalentes sexuellement, la forte promiscuité des Maisons de la Guilde renforce la tentation de prendre une soeur comme amante.


copyright 96-99 Guillaume Perrier
Version HTML par Fabrice Rossi (rossi@fr.darkover.org)

fichier source (Dernière modification : Mer 21 Avr 1999 17:21:45)